37 semaines de toi

37 semaines de toi

Déjà trente-sept semaines que je porte ce troisième bébé.

©Liinekhally – Elegant-story.com

Et oui, déjà. Parfois j’ai encore du mal à réaliser que cette grossesse se soit passé si vite. Peut-être que le fait de n’avoir rien partagé durant ces 9 mois. C’était un choix. Je n’ai pas cherché à m’en cacher, j’ai juste choisi de ne pas en parler et de ne pas faire d’annonce officielle enfaite l’idée même de vivre cela pour moi me séduisait et m’apaisait. Je me sentais moins sous pression, j’avais plus le choix de faire comme bon me semblait, et j’avais moins l’impression qu’on me jugeait ou que l’on me disait ce que je devais faire ou comment le faire. Et puis cette grossesse pourrait être la dernière. Et c’est quelque chose, qu’au fond, Je n’accepte pas encore. J’ai toujours l’espoir d’avoir quatre enfants mais les choses ne seront peut-être pas ce que je souhaite. C’est comme ça, je ne peux pas en décider, enfaite personne ne peut vraiment contrôler ces choses là.

Je suis à ma trente-septième semaine et il y a un mois on m’a annoncé que je n’irais peut-être pas au bout. On m’a expliqué que cette grossesse selon les résultats d’examens, pourrait devenir dangereuse à mener à terme. J’ai eu du mal à l’accepter. Mes grossesses sont des périodes de ma vie que j’aime plus que tout, ce sont des périodes qui sont pour moi des moments privilégiés, je ne sais pas comment expliquer les choses. J’ai porté chacun de mes bébés 9 mois et 4 jours. Ma seconde s’est moins bien passée, elle a été catastrophique mais qu’importe. Mes Grossesses même si elles doivent être difficile, je les mène à terme. Et puis cette fois, on m’explique qu’il y a une possibilité que tout ne se passe pas comme prévu et que je devrais peut-être faire le deuil de la grossesse à terme.

C’est bizarre ce que la vie nous amène parfois. Dès le départ, j’ai pensé que je n’irais pas au bout, j’ai souvent eu ce pressentiment. Dès le départ, dès les premières semaines, je me souviens, je racontais à mon compagnon ces pensées instinctives, cette impression que cette grossesse n’irait pas aussi loin que je le voulais, et s’arrêterait fin février tout au plus. Alors quand, mi-janvier, on m’a détecté un problème au niveau des artères, j’ai eu l’impression que mon instinct ne m’avait pas trompé. J’ai su dès le début que Février ne serait pas facile pour moi, ni pour nous. Je ne m’attendais pas aux autres événements, comme un décès par exemple. Et c’est là où je me dis que peut-être tout ces pressentiments n’étaient pas anodin. Je me souviens d’ailleurs de cette journée, c’était il y a quelques jours. Il m’a dit avoir reçu des coups de téléphone d’un proche. Je lui ai dis « Tu devrais rappeler, quelque chose est arrivé, j’en suis certaine, ta grand-mère surement… ». Mon coeur a fait un boum quand il m’a annoncé qu’en effet c’était bien pour sa grand-mère. Et ça a été dur à encaisser. Plus que je ne l’aurais pensé. Je ne pensais pas que mon coeur ferait un bond, je ne pensais pas que ça aurait autant d’impact sur moi. Je me suis posée pleins de questions. Et puis cet événement a chamboulé mon état un peu plus. J’étais déjà sonnée de part l’annonce du medecin, mais là ..

Alors pour donner une part de moi-même, en dernier hommage, j’ai décidé de modifier le troisième prénom de mon bébé afin que chacun de mes enfants aient une part d’elle, de cette personne si merveilleuse, si douce, si compréhensive. . Et puis en prenant cette décision, je me suis souvenue des conversations que l’on avait eu, de ces douces paroles envers moi, envers nous. Je me suis souvenue aussi du regard qu’elle avait posé sur ma petite fille la première fois. J’ai eu des regrets aussi, j’aurais voulu avoir le temps de lui présenter son arrière petit-fils et son arrière troisième petit-enfant. Elle aurait été fier de son petit-fils et de comment il s’en est sorti et du papa qu’il est devenu. Même si ça a été difficile. C’est elle qui nous avait aidé à prendre certaines décisions. Elle qui nous avait dit de partir sans regret, sans nous retourner. Et elle n’a jamais rien dit. Et pour ça, je crois que je ne lui serais jamais plus reconnaissante qu’aujourd’hui.

Plus je pense à tout ça, et plus je crois que si aujourd’hui je devais donner la vie plus tôt que prévu, dans les jours à venir, après avoir connu la mort  ce n’est pas pour rien. Je crois que ça n’arrive pas maintenant par hasard.

Alors même si ces derniers jours ça va moins bien, j’essaie de rester positive et d’accepter ce que je ne peux pas changer.

Et j’espère chaque jour que si mon bébé doit naître maintenant, il se portera bien, il se portera à merveilles.

Je suis prête. Je suis prête à te mettre au monde maintenant si il le faut, Je t’attends.

 

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