te voilà enfin …

C’était un lundi.

Il était 7h15 quand j’ai déposé mes enfants chez ma meilleure amie et son mari.

Je devais me rendre à l’hôpital le matin.

Il était Huit heure. On a patienté dans la salle d’attente une demi-heure, trois quarts d’heure. Puis on est venu me chercher. On m’a installé dans une salle de pré-travail et on m’a placé sous monitoring.

Par la suite on a consulté le medecin, et on m’a posé un tampon de Propess.

(Je pensais que ça prendrait des lustres a

vant de rencontrer mon bébé.)

📷 © Liinekhally – Elegant-Story.com

On m’a donc installé dans ce qui allait être ma nouvelle chambre pour la semaine à venir. Petite mais en même temps lumineuse. La salle de bain m’a semblé immense mais très cosy aussi (pour une maternité).

On s’est donc installé, j’ai préparé les affaires de bébé, et me suis installée sur mon lit en attendant mon petit déjeuner royal.

📷 © Liinekhally – Elegant-Story.com

 

Les chambres avaient de grandes fenêtres. J’avais toujours dit que je voulais mon troisième bébé quand il neige … et pour le coup j’étais servi. Du dimanche précédent jusqu’au Jeudi il a neigé à gros flocons alors que le printemps était là, à notre porte. C’était comme un signe.

 

 

Midi et demi, nous voilà parti pour un contrôle à nouveau. Monitoring plat, bébé comme un poisson dans l’eau. Je retourne dépitée dans ma chambre, où j’attends mon repas. Il faut l’avouer, le repas était excellent, comme toute la semaine.

Nouveau monitoring quelques heures plus tard. Toujours rien mais le col a bougé, 1 cm .. C’est toujours ça de pris. Je retourne en chambre pour diner. Les contractions ont débutés mais c’est pas douloureux et ça n’agit pas. On me donne rendez-vous à minuit.

Minuit, Les contractions régulières sont là depuis 20H40 précisément. Mais pas assez pour qu’on puisse dire que le travail à commencé. On me donne du paracétamol codéine pour que je puisse dormir pendant que le travail se met en route. On me donne rendez vous à 6h30 le lendemain matin. Je remonte dans ma chambre, je me couche et je finis par m’endormir.

📷 © Liinekhally – Elegant-Story.com

Vers 2h, je suis brutalement réveillée par une douleur abdominale. C’est supportable. Je reprends donc la note du temps entre chaque contractions et je me rends compte qu’elles sont là, elles vont et viennent toutes les 6/7 minutes. J’attends une demi-heure avant d’appeler le personnel pour être sur que c’est bien le travail. Il est environ 2h40 quand je lance l’appelle au personnel, On me répond aussi tôt, dans l’interphone quelqu’un me demande ce qu’elle peut faire pour moi, je lui dis que quelqu’un doit venir parce que ça va pas. Dans les minutes qui ont suivi Une sage-femme est arrivée. Elle me demande ce qu’il se passe, je suis debout, je marche de long en large pour supporter la douleur, un coup je marche un coup je me penche en avant je me plie en deux en soufflant aussi longtemps que je le peux , c’est d’ailleurs épatant comment en une demi-heure je suis passée d’une douleur supportable à une douleur quasi ingérable.

Elle va consulter ses collègues de la salle d’accouchement, elle revient, me dit qu’elle va m’examiner, je fond en larmes, l’adrénaline est tellement intense, au fond de moi je sais que je ne reviendrais pas dans ma chambre sans mon bébé, c’est pour maintenant, c’est imminent. On va donc dans le cabinet du pédiatre à côté pour qu’elle puisse m’examiner. Je pleure encore plus parce que la douleur est si intense je lui dis d’arrêter, tout de suite. Elle a quand même le temps de constater que mon col est à 2 cm mais long donc à priori pas vraiment de bébé qui arrive ou du moins c’est le début de chez début.

Elle consulte ses collègues, elles décident de me laisser en chambre mais sous monito pendant une demi-heure pour voir. Après une demi-heure ou trois quarts d’heure , Elle revient comme dépitée, j’ai senti que quelque chose n’allait pas correctement. Elle finit par me dire que le coeur de mon bébé ralenti, « Bébé dort, ca me plait pas » ce sont ses termes. A partir de là j’ai prié, ses collègues ont décidés qu’il fallait que j’aille en salle d’accouchement à cause de ça. Il était très tard, ou très tôt selon comment on se place, il est quatre heure et demi environ, je ne sais plus trop, je commençais à plus être moi, à perdre la notion du temps et des distances.

On a pris nos affaires, celle de bébé, l’appareil photo « au cas où ». On a emprunté le labyrinthe, on a vogué dans les couloirs jusqu’en salle d’accouchement. Nous étions presque arrivé quand j’ai regardé mon compagnon en m’accrochant à lui et je lui ai annoncé que là ça n’allait pas trop bien, je me suis effondrée, il m’a rattrapé, la sage femme après aussi et m’ont posé au sol. Je me souviens très bien de la nausée qui m’envahissait sous le coup de la douleur. A chaque contraction ma tête tournait et la nausée se faisait présente de plus belle. Et puis on a fini par arriver tant bien que mal. On m’a installé en salle. On m’a replacé sous monitoring. J’essayais de résister à la douleur tant bien que mal. On pensait que j’avais du temps encore, que j’en avais beaucoup.

📷 © Liinekhally – Elegant-Story.com

La douleur est si intense, on décide qu’il faut la péridurale, pas le choix, j’ai la tête qui tourne, je suis au plus mal. Il est 5h passé, l’anesthésiste est géniale, une femme plus tôt tranquille et très familière. Elle me traité comme sa fille, et c’était assez rassurant. On discutait en même temps. Elle essayait de me tenir sur le fil, faire en sorte que je parte pas au pays des rêves. Je me balançais dans tout les sens pour arriver à gérer les contractions toujours plus intenses que les précédentes. La sage femme était assez jeune et assez drôle, si je me souviens bien elle était très amicale aussi. Je lui ai demandé si elle pouvait me tenir durant la péridurale parce que j’avais peur de pas arriver à garder la position, elle m’a répondu un « Evidemment je suis là pour vous accompagner ». Elle me caressait les épaules, me massait les épaules, tout en me parlant, l’anesthésiste, elle me disait de continuer le balancement tranquillement que ça ne la gênait pas pour la péri. Je me souviens pour ma fille, quand on m’a fait la péridurale les douleurs ont disparu, je sentais juste mon bébé descendre, là une fois la péridurale faite, rien ne s’est passé. Rien. J’attendais que le produit fasse effet, j’essayais d’anticiper les contractions en regardant l’horloge et les heures qui défilaient. Rien, toujours rien. Après 15 minutes, l’anesthesiste toujours là, ne comprenait pas, elle a donc été voir la sage femme, elles sont revenues. La sage femme m’a regardé en me disant qu’elle était désolée qu’elle allait devoir contrôler pour savoir ou j’en etais, parce que le fait que je sente les contractions encore la rendait perplexe. Et c’est donc là, qu’elle m’a annoncé que j’étais à 8cm. J’ai mis une demi-heure à passer de 2cm col long à 8 cm. C’est là qu’elle a décidé de percer la poche des eaux en me disant que l’on s’installerait tranquillement ensuite. Il est 5h33. C’est d’ailleurs là que tout est allait très vite. Je sens un « poc » et d’un coup mon bébé n’était plus dans mon ventre. Sa tête était là, bien là.

Elle – 📷 © Liinekhally – Elegant-Story.com

Et c’est donc ce fameux 20 mars, à 5h34, que ma merveille est née. Mon bébé avait le cordon autour du coup mais la sage femme a, heureusement, agit vite. Et moi j’ai eu peur. Peur quand ils l’ont emmené, peur quand je ne les ai pas vu revenir avec son papa, peur quand la sage-femme est revenue désolée, peur quand elle m’a dit qu’ils avaient du la mettre en couveuse. Mon coeur, mon amour, n’arrivait pas à réguler sa température et le thermomètre affichait 35° seulement. Et moi j’étais si triste d’être séparé d’elle. Le temps m’a semblé long. J’étais là toute seule, j’entendais mon bébé pleurer par intermittence. Son papa m’a ensuite expliqué que quand je ne l’entendais plus c’est parce que notre bébé se calmait au son de sa voix et ça m’a rassuré. Rassuré de savoir qu’il est resté à côté de notre merveille tout ce temps, qu’il lui a parlé, qu’il lui a rappelé combien on l’aimait déjà. Et depuis ils gardent un lien fort…

Ma tension après l’accouchement est passée instantanément de 9 à 11/7 ..

Et puis après presque Deux heures interminables, il est environ 7h45 quand j’aperçois dans l’encadrement de la porte mon compagnon et notre …. merveilleuse petite fille.

Je l’ai serré si fort dans mes bras, Je lui ai rappelé combien j’étais déjà amoureuse d’elle et combien elle était belle. J’ai eu le droit de lui offrir sa tétée de bienvenue. Et puis on m’a préparé pour remonter dans ma chambre et avoir mon petit dejeuner.

J’avais du mal à le croire, que ça y est le cap était passé, j’avais accouché et aujourd’hui j’ai encore du mal à le croire. C’est passé si vite, vraiment trop vite et je n’arrive pas à réaliser que j’ai réussi un second accouchement sans le fonctionnement de la péridurale. J’ai réussi ce qui me paraissait insurmontable, j’ai vaincu mes peurs, mes craintes. Les seuls regrets que j’ai et qui me donne envie de pleurer c’est que je n’ai aucune photo. Comme on ne s’attendait pas a ce que ca aille si vite, on a pas eu le temps d’attraper l’appareil photo … 

Je peux le dire aujourd’hui.

Nous sommes officiellement une famille nombreuse.

Et j’ai un garçon et deux merveilleuses filles.

A nous 2018 …

 

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