Le jour où je n’ai pas dis oui

Il y a dix ans de cela, je rencontrais le père de mes enfants. J’en suis tombée amoureuse. Nous sortions tout les deux d’une relation compliquée. Le temps a passé, très vite on s’est fiancé. Fiancés comme deux adolescents que nous étions sans nous douter une seule seconde de ce que la vie serait après, de ce que la vie nous apporterait. Nous étions naïfs. Qu’à cela ne tienne nous nous sommes aimés envers et contre tout.

Je me souviens très bien du jour ou je suis partie de chez mes parents, sans un mot, sans un regard, en ayant rien, juste le peu d’affaires qui m’appartenaient et dans leur dos. Je m’en suis toujours voulu. Mes parents m’avaient prévenu. Ils m’avaient dit que la relation idyllique changerait, que j’étais loin de ce que j’espérais et après tout ils avaient raison. Je n’étais encore qu’une ado de 18 ans qui n’avait connu que des échecs sentimentaux et qui se lançait à corps perdu dans une histoire qui semblait sans issue et cela sans bagage sans rien. Mais je l’ai fais. Ça a été très dur. Je me suis retrouvée dans une famille qui au final nous a étouffé. J’ai déprimé et pris du poids, je me suis laisser dépérir et j’ai subit. Je ne dis pas que j’ai été la victime parce que quand j’en ai eu marre j’ai su rendre les coups et la guerre à commencé. On est resté ensemble. Y a eu tout un tas de choses qui nous ont achevés. Et le jour où nous avons annoncé que nous attendions un bébé ça a été une déception sans nom et une colère immense est née. Les noël gâchés, mon dernier Noel enceinte a été pourri et une grosse dispute a éclaté entre lui et moi, je ne voulais pas y aller, je voulais qui parte seul il voulait absolument que je sois là, c’est d’ailleurs ce jour là que j’ai éclater le service que sa mère nous avait offert j’ai tout cassé dans la cuisine et le service était sous ma main et a volé en éclat, je me souviens des portes qui ont claqués et de la rancœur qui est née ce jour là, j’ai du passer une soirée avec des gens que je ne voulais pas voir, je voulais juste être dans mon lit, et y a eu les journées où je n’avais envie d’être qu’avec ma famille soit ma fille et son père mais ou il fallait faire acte de présence chez eux pour faire plaisir sinon ils menaçaient de venir s’incruster et j’en passe encore et encore, tout ça m’était devenu invivable. Après des années d’incompréhension, de déceptions, je me souviens être aller un jour chez sa grand mère, une femme admirable, avec une force immense, c’était l’une ,voir même, la dernière fois que je la voyais puisqu’elle nous a quitté cette année. Je n’ai pas eu le temps de la remercier ni même de lui présenter ses arrières petits enfants qu’elle méritaient tant de connaitre. Cette femme, qui, quand on s’est mis a table nous a servi son café délicieux et surtout son si bon flan qu’elle faisait toujours. Elle m’a demandé comment j’allais et je lui ai dis que c’était une catastrophe. Je lui ai expliqué tout ce que j’avais sur le coeur. Elle a lancé le nom de la soeur à mon compagnon et je lui ai répondu que c’était l’éternel problème. Mon compagnon lui a dit qu’ils avaient gâché la surprise qu’il comptait faire et que depuis je ne voulais plus me marier avec lui. Puisqu’il avait décidé de me faire sa demande. Je me souviens de son sourire, de chacun de ses mots et surtout du regard qu’elle a donné à mon compagnon. « Partez, loin, tu as du travail , l’opportunité en or et la possibilité d’aller faire votre vie loin et tranquillement, faites le » ..

Un jour, nous étions à table tous ensemble, son père voulait absolument que l’on se pacs pour une question financière, mon compagnon se raclait la gorge et plus il essayait de faire comprendre qu’il devait se taire plus il insistait. Ce jour là j’ai compris le mal que je vivais et surtout ce que je ne voulais plus vivre. On est monté dans la voiture, je lui ai dis que l’on ne se marierait jamais, pour moi c’est un acte d’amour et pas un acte fait par soucis financier ou arranger leur petites affaires et surtout que je ne ferais ni moi, ni mes enfants parti de cette famille, que c’était fini je partais qu’il vienne ou non je m’en fichais.

Il m’a suivi dans mon choix.

Nous avons donc, en douce, plier bagage, et recommencé notre vie ailleurs.

Ce qui a précipité notre décision n’était pas anodin.

 

J’ai toujours cette rancoeur, j’ai essayé plusieurs fois de signer les papiers pour une union civile, j’ai essayé. Mais la douleur est là, le mal est fait. Et les papiers sont soit parti à la poubelle soit fini au fond d’un tiroir.

Souvent on me demande « Ça fait dix ans, vous avez 3 enfants et vous n’êtes pas marié? » … hé bien non. Je crois que ce n’est pas une question de vie, de si on a des enfants ou pas, un chien et une maison .. C’est plus une question de feeling et d’être prêt. J’ai rêvé de me marier quand j’étais enceinte lors de ma toute première grossesse. J’ai fais le deuil même si souvent je le pleure ce rêve qu’on m’a volé. Je n’avais pas réalisé la puissance du mal que des gens peuvent faire. Et aujourd’hui lui attend désespérément que je saute le pas. Et à chaque fois que je me dis « peut-être, là il est temps » quelque chose me ramène à la réalité, une fausse note par exemple. Alors je recule, et j’oublie. Je me suis assise sur de nombreux rêve par amour, je me suis oubliée, j’ai oubliée de faire ma vie, et aujourd’hui je n’ai pas envie d’appartenir à quelqu’un si ce n’est à moi. Je ne me sens pas aimé à ma juste valeur, dans le sens ou je suis encore trop souvent blessée par un acte manqué, une parole, un anniversaire laissé de côté et pas rattrapé ou je ne sais quoi d’autre. Ces temps ci plus que jamais, les gens me demandent sans cesse pourquoi je ne suis pas mariée encore. La question est si douloureuse, voir de plus en plus douloureuse que je ne réponds plus. Je ne sais plus quoi répondre si ce n’est que j’ai un mal atroce au fond de moi…

 

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