maternité

L’allaitement n’est pas un jeu d’enfant

3 janvier 2020

Je me souviens quand je suis tombée enceinte de ma grande, c’était il y a approximativement huit ans. Je n’avais que vingt et un an et bien que j’avais toujours rêver d’avoir des enfants, j’étais novice. Une chose était sure c’est que l’allaitement maternel ferait parti de ma maternité. Au début les gens autour de nous sont arrivés avec leur gros sabot, les réflexions fusaient. Il y avait les « Tu verras ça fait mal » ou les « ca fera un bébé roi » .. Je n’ai jamais compris en quoi allaiter, nourrir un enfant ferait de lui un enfant roi mais j’ai laisser dire. J’ai été suivi dès les quatre mois de grossesse par une sage-femme (merveilleuse) spécialisée en lactation. J’étais en surveillance intensive, risque de prématurité élevé. Je la voyais très régulièrement pour un contrôle. Elle m’a ôté de mes doutes, elle m’a rassuré et elle m’a accompagné.

J’ai accouché et l’allaitement était comme une évidence. Les premiers jours ont été compliqué. J’avais mal c’est vrai j’avais des crevasses et je saignais beaucoup. La sage-femme m’a expliqué que comme mon corps ne connaissait pas ça, je subissais le mal mais que ça passerait rapidement. Elle m’a conseillé des crèmes très bien et des tisanes. D’ailleurs c’est vrai. Une semaine et demi après c’était passé. Et puis au bout de six mois on me demandait déjà quand est ce que j’arrêterais. On me répétait sans cesse que c’était bizarre d’aller au-delà de six mois … Je ne voyais pas en quoi, mais contre vents et marées j’ai continué. Arrivée à quinze mois, ma minie s’est détournée de l’allaitement, nous changions de vie à ce moment là et je pense que le fait d’avoir été très occupé et stressé n’a pas aidé à maintenir les choses.

Puis j’ai eu mon fils, mon filou. Ça a été un peu plus complexe psychologiquement parce que j’avais du mal avec le fait que ça soit un garçon. Allaiter un garçon n’était, pour moi, pas aussi facile que ma fille. Mais on a tout de même été jusqu’à quinze mois aussi. Et pourtant j’ai été quand même chagriné quand ce fut la fin. C’était un cap à franchir.

instant capturé – elegant-story.com

Et puis je suis tombée enceinte de ma dernière, nousch’. Encore un allaitement totalement différent. Au départ je me suis dis qu’elle ferait comme ses frères et soeurs, quinze mois et c’est fini. Il en était pas question à priori puisque cela fait quasiment vingt deux mois que j’allaite cette petite fille. Mais ce sont d’autres réflexions que j’entends aujourd’hui. Notre petite fille n’est pas prête d’arrêter l’allaitement et souvent, avec la fatigue, une partie de moi est navrée. Les gens pensent que quand on a un allaitement long, c’est pour nous, c’est égoïstement pour notre bien être en tant que mère. Mais loin de là. Je ne compte plus sur les doigts le nombre de fois où j’ai souhaité qu’elle oublie une tétée parce que la fatigue prend le dessus. On imagine que c’est toujours un plaisir et que c’est une façon pour nous d’exister. Mais ce n’est absolument pas ça. Et pour nous je pense qu’aujourd’hui, a presque vingt deux mois ce ne sont plus des tétées nourrissante, je pense que ce sont juste des tétées rassurantes, de confort. Ma petite nousch est une grande angoissée de la vie. Elle a besoin d’être rassurée h24. Nous avons essayé d’introduire des tétines, les biberons de lait, elle est depuis longtemps alimentée comme nous aussi. Mais rien à faire.

Etre une mère allaitante n’est pas si simple finalement. Avec plaisir je recommencerais si je devais avoir un quatrième enfant, mais jamais plus longtemps. Vous n’imaginez pas la force dont il faut faire preuve parfois. L’allaitement c’est génial, je vous assure. On a toujours le lait a disposition et d’ailleurs on est pas vraiment bloquer quand ils sont bébés, on se fout des horaires puisque l’on peut allaiter partout. J’ai allaité sur l’autoroute, dans des magasins, sur des parkings, chez des amis, dans la rue, dan les parcs , a la piscine … bref on a jamais été bloqué pour faire les magasins ou sortir. C’est le bon côté de l’allaitement. Quand elle était petite, vraiment toute petite, je la portais en écharpe, j’allaitais tout en faisant le repas, tout en passant le balais, l’aspirateur, en faisant le linge … Mais c’est vrai que c’est plus fatiguant quand l’enfant est plus grand. J’ai quelques problèmes de santé qui font que je me verrais mal porter ma presque deux ans en écharpe lors d’une tétée … Donc je suis automatiquement coincée quand elle tète.. Mon mari me le dit souvent, il voit que parfois c’est exténuant et il essaie de la détourner et de la rassurer comme il peut lui de son côté. C’est surtout épuisant parce que dans ma tête c’est le chantier, je suis à la fois contente et à la fois fatiguée, j’aimerais qu’elle se sèvre d’elle même avant les fatidiques deux ans. Et j’ai grand espoir. En faite, je ne me vois pas du tout allaiter plus de deux ans. C’est catégorique dans ma tête. Du coup y a une sorte d’impatience, mélangée à une envie de faire bien, mélangée à une envie de ne pas être une mauvaise mère aussi …

d’ailleurs au moment où j’écris ce post ma nousch me caresse les cheveux, me fait des bisous et me demande si elle peut téter … ^^

Ne jugez pas une mère qui allaite aussi longtemps soit-il. On ne connait ni son histoire, ni son quotidien, ni la force dont elle fait preuve ni le courage qu’elle puise au fond d’elle pour satisfaire son enfant…

En attendant, on profite quand même des (je l’espère) dernières tétées.

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